Une démission ne se présume pas. Elle doit résulter d'une volonté clairement exprimée de rompre le contrat. Ni une absence prolongée, ni une dispute, ni un départ en claquant la porte ne valent démission — et un employeur qui traiterait ces situations comme telles s'exposerait à voir la rupture requalifiée en licenciement.
C'est précisément pourquoi l'écrit s'impose : il fixe la date, la volonté et le préavis, trois éléments qui déterminent vos droits.
Sauf dispense accordée par l'employeur, le salarié démissionnaire doit exécuter un préavis. Sa durée dépend de la catégorie professionnelle et de l'ancienneté, et la convention collective de votre secteur peut prévoir des durées différentes de la loi.
Ne pas l'effectuer sans accord expose à devoir verser à l'employeur une indemnité correspondant à la période non travaillée. Faites préciser par écrit toute dispense qui vous serait accordée verbalement.
Une phrase suffit pour l'essentiel. Les lettres longues et explicatives n'apportent rien et peuvent se retourner contre vous.
Vous n'avez aucune obligation de justifier votre démission. C'est même généralement déconseillé.
Exposer des griefs — mauvaise ambiance, désaccord avec la hiérarchie, salaire jugé insuffisant — n'améliore rien et laisse une trace écrite qui peut compliquer une recommandation future ou une éventuelle procédure. Si vous souhaitez exprimer un ressenti, faites-le lors d'un entretien, pas dans le document qui restera à votre dossier.
La date de réception fait courir le préavis, donc conditionne votre date de départ. Deux moyens sûrs :
Un courriel simple ou un message ne prouve rien si l'employeur conteste la réception. Conservez systématiquement votre preuve.
La différence est financière et considérable. Le salarié licencié perçoit une indemnité de licenciement calculée sur son ancienneté. Le salarié démissionnaire n'y a droit à aucun titre.
C'est pourquoi il faut se méfier des situations où un employeur suggère de « poser sa démission » alors qu'il envisage en réalité de se séparer de vous. Accepter revient à renoncer volontairement à vos indemnités.
Démissionner ne fait pas perdre tous vos droits. Vous conservez notamment :
Ne signez pas un solde de tout compte sans avoir vérifié chaque élément. Une signature apposée sous la pression, le dernier jour, dans la précipitation, est difficile à contester ensuite.
Une fois reçue par l'employeur, la démission produit ses effets. Une rétractation n'est possible qu'avec l'accord de l'employeur, qui n'est nullement tenu de l'accepter.
Réfléchissez avant d'envoyer, particulièrement dans un moment de tension. Une démission décidée sur un coup de colère se regrette souvent, et se répare rarement.