Le CV énumère un parcours. La lettre explique une intention. Si votre lettre se contente de reformuler votre CV en phrases, elle ne sert à rien — et le recruteur s'en rendra compte dès les premières lignes.
Sa fonction réelle est de répondre à trois questions implicites : pourquoi cette entreprise, pourquoi ce poste, et pourquoi vous. Une lettre qui traite ces trois points justifie sa présence dans le dossier.
Cet ordre compte. Commencer par soi donne une impression d'autocentrage ; commencer par l'entreprise montre que vous avez travaillé votre candidature.
« Je me permets de vous adresser ma candidature au poste de… » est la formule la plus employée, donc la plus invisible. Le recruteur l'a lue mille fois.
Ouvrez plutôt sur un élément concret : une observation sur l'entreprise, un chiffre de votre parcours, ou la raison précise qui vous a fait postuler. La formule administrative peut venir ensuite, une fois l'attention captée.
Une lettre de motivation tient sur une page, soit environ 250 à 350 mots. Au-delà, elle ne sera pas lue en entier. Cette contrainte est saine : elle force à choisir votre meilleur argument plutôt que de tous les aligner.
Trois à quatre paragraphes courts suffisent. Les blocs de texte denses découragent la lecture, particulièrement sur écran.
Une lettre type envoyée à quinze employeurs se repère instantanément. Les signes qui trahissent : aucun nom d'entreprise dans le corps du texte, des formulations qui pourraient convenir à n'importe quel poste, l'absence de référence à l'annonce.
Le minimum vital consiste à nommer l'entreprise au moins une fois, à reprendre l'intitulé exact du poste, et à mentionner un élément spécifique à l'offre. Cela prend cinq minutes par candidature et change tout.
Deux excès se rencontrent souvent. Le premier est le registre trop familier, qui met mal à l'aise dans un contexte professionnel. Le second, plus fréquent, est le langage administratif lourd — « dans l'attente de la bienveillante considération que vous voudrez bien accorder à ma requête ».
Le bon registre est celui d'un courrier professionnel ordinaire : phrases simples, vocabulaire précis, politesse sans emphase. Vous écrivez à une personne, pas à une institution.
Sans annonce à laquelle se référer, la difficulté augmente. Il faut alors définir vous-même le besoin auquel vous répondez : identifiez un enjeu de l'entreprise — croissance, nouveau marché, recrutement récent — et positionnez-vous par rapport à lui.
Une candidature spontanée qui ne dit pas quel poste elle vise finit systématiquement au classement. Nommez la fonction, même si elle n'est pas ouverte.
Cette dernière relecture évite l'erreur la plus embarrassante : envoyer à une entreprise une lettre qui en nomme une autre.